Politiques & Lignes directrices de la HSUS sur les méthodes d’euthanasie pour les animaux dans les refuges.

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La déclaration de la HSUS sur les méthodes d’euthanasie pour les animaux dans les refuges, fourrières et chenils.

Chiens gazés dans une chambre à gaz
Chiens gazés dans une chambre à gaz

Le personnel des refuges ou des fourrières abritant des animaux doit prendre en considération de nombreux facteurs au moment de choisir une méthode d’euthanasie. Le facteur le plus important est de choisir la méthode la plus humaine. La méthode d’euthanasie humaine comprend une perte de conscience non douloureuse suivie d’un arrêt cardiaque puis finalement la mort. D’autres considérations incluent également le nombre et les types d’animaux manipulés, le nombre d’employés disponibles, la formation et le matériel fourni au personnel de l’euthanasie, et les restrictions juridiques. Une fois qu’une méthode acceptable a été choisie, les procédures d’euthanasie devraient être clairement documentées avec une garantie écrite et le personnel des refuges doit soigneusement tenir un inventaire précis sur les médicaments servant à l’euthanasie et s’assurer d’un approvisionnement suffisant selon les normes fédérales américaines ou canadiennes.

C’est une mesure indispensable pour les administrateurs et le personnel que d’évaluer les procédures d’euthanasie actuelles fréquemment de sorte que les animaux soient traités de façon plus humaine et de vérifier à ce que les employés fassent preuve de compassion et soient convenablement formés et bénéficient des équipements et fournitures essentiels. Les employés doivent être émotionnellement capables de faire face à l’euthanasie, tout en se préoccupant du bien-être de chaque animal.

Pentobarbital de Sodium

La Humane Society des États-Unis (HSUS) recommande l’injection de Pentobarbital de sodium, préparée spécialement pour une utilisation comme méthode d’euthanasie comme méthode de choix pour l’euthanasie des animaux. Cette méthode pratiquée correctement, a été jugée la plus humaine, moins stressante, le choix le plus sûr et le plus professionnel par la HSUS, l’American Veterinary Medical Association, la Société américaine pour la prévention de la cruauté envers les animaux, American Humane Association, et le National Control Association.

La HSUS croit fermement qu’il devrait y avoir deux personnes impliquées dans le processus de l’euthanasie : une pour tenir et calmer l’animal et une autre pour injecter la drogue. L’injection par voie intraveineuse est la méthode la plus rapide et fiable d’effectuer une euthanasie car l’injection peut être administrée sans provoquer la peur et le stress chez l’animal. L’utilisation d’un sédatif doit être envisagée avant l’administration du Pentobarbital de sodium, pour s’assurer d’une manipulation sûre de certains animaux effrayés ou agressifs. La muselière et d’autres méthodes de contention peuvent être utilisées.

Les injections intracardiaques (dans l’une des quatre cavités du cœur ) ne sont autorisées que pour des animaux qui ont été rendus complètement inconscients et insensibles à la douleur par l’administration de médicaments pré-euthanasie.

Monoxyde de carbone

Le monoxyde de carbone (CO) est sans contester, une méthode d’euthanasie inacceptable dans les États où les refuges ne peuvent pas obtenir légalement et administrer le Pentobarbital de sodium. Dans les États où les refuges ne peuvent pas actuellement obtenir et administrer le Pentobarbital de sodium ou de se procurer l’aide d’un vétérinaire pour le faire, la HSUS considère que l’usage du CO une méthode d’euthanasie conditionnellement acceptable pour quelques animaux que lorsque le CO est diffusé dans une chambre fabriquée commercialement et proprement équipée. Seulement le gaz embouteillé de qualité commerciale peut être utilisé. Le gaz chimique ou pour voiture n’est pas acceptable à cause des impuretés et la chaleur, ce qui rend son utilisation pénible et inhumaine.

Il est toujours inacceptable d’utiliser le CO pour l’euthanasie des animaux qui sont : âgés, en dessous de 4 mois, malades ou blessés ou en gestation. Ces animaux peuvent avoir une pression artérielle basse et le cœur faible ce qui entraîne de la détresse avant de perdre conscience. Les animaux en dessous de quatre mois peuvent ne pas avoir assez de capacité pulmonaire pour respirer assez de CO pour être efficace. On a vu des chatons et des chiots ayant survécu à l’euthanasie par CO. Dans le cas des animaux en gestation, la mère mourra avant les chatons ou les chiots non nés. Il est possible que les chatons ou les chiots non nés meurent par étouffement plutôt que par le monoxyde de carbone CO. Par conséquent, la HSUS condamne l’usage du CO pour les animaux rencontrant les critères ci-dessus.

  • La méthode du CO est une méthode plus coûteuse, moins humaine, moins pratique, beaucoup plus lente que la méthode par injection. Les refuges ou fourrières sans accès légal au Pentobarbital de sodium devront passer un contrat avec un vétérinaire local pour l’administrer aux animaux.

 

  • La HSUS recommande vivement à tous les refuges qui utilisent actuellement le CO de transiter vers l’euthanasie par injection ou le partenariat avec un vétérinaire local qui peut fournir ce service.

Méthodes inhumaines :

La HSUS considère les méthodes d'euthanasie suivantes comme inhumaines :

1- L’injection intracardiaque sur des animaux conscients.
2- Le monoxyde de carbone CO
3- Le pistolet ou arme à feu n’est absolument pas acceptable pour l’euthanasie des animaux.
4- Le dioxyde de carbone CO2 n'est pas acceptable pour l'euthanasie des chiens ou des chats. Le CO2 produit par la glace sèche ou généré par toute autre méthode est inacceptable.
5- Le T-61 est une combinaison inacceptable de drogues injectables contenant un anesthésique local, un agent bloquant neuromusculaire. Il a été retiré aux Etats-Unis, mais est encore disponible au Canada et dans d’autres pays. Si le T-61 est mal administré, peut provoquer une douleur intense aux animaux et une paralysie de la respiration (suffocation) avant que l’animal ne perde conscience.
6- D’autres méthodes que la HSUS considère inhumaines : la décompression, l’utilisation de pièges à tuer, l’oxyde nitreux, les noyades, le gel ou la décapitation, la dislocation cervicale, la compression thoracique, décérébration, exsanguination, l’électrocution, l’embolie gazeuse, strychnine.

Les règlements sur les chambres à gaz :

La chambre à gaz doit être de fabrication commerciale spécialement conçu pour l’euthanasie au monoxyde de carbone. Commercialement fabriquée par une société dont le secteur d’activité est spécifiquement dédiée à la fabrication des chambres à gaz au monoxyde de carbone ou la fabrication de machineries de métal. Il est inacceptable d’utiliser une chambre construite par tout autre type de société ou un individu. Les chambres construites avec du contreplaqué ou genre de planches synthétiques de recouvrement déjà existantes ne doivent être utilisées que si elles sont en bon état. Tout établissement qui envisage d’installer une nouvelle chambre à gaz ou de construire un nouveau bâtiment doit avoir une alternative de transition, soit l’euthanasie par injection.

La HSUS estime qu’il est inacceptable pour un refuge ou une fourrière d’installer une nouvelle chambre à gaz, l'alternative est l'injection.  

La chambre à gaz et les bouteilles doivent être inspectées régulièrement, afin de vérifier toutes fuites ou dommages qui si présentes doivent être soigneusement réparés. La chambre doit être placée dans un endroit bien aéré et avoir des conduits pouvant évacuer le monoxyde à l’extérieur. L’intérieur de la chambre doit être bien éclairé et équipé de hublots, d’un régulateur (qui maintient la concentration du gaz) et un débitmètre (qui mesure la concentration du gaz). Le verre de la porte et des hublots doivent être très résistant et toutes les fenêtres et les joints des portes doivent être intacts. Tous les fans, les lumières ou tout autre équipement intérieur de la chambre doit être à l’épreuve des explosions et/ou protégés par un couvercle résistant aux chocs. S’ils sont conçus pour euthanasier plus d’un animal à la fois, la chambre à gaz doit être équipée de sections indépendantes ou de cages pour séparer chaque animal. La chambre doit atteindre un minimum de 6% de concentration de gaz (la concentration ne doit jamais dépasser 10% (un niveau auquel le CO peut devenir explosif) dans les vingt secondes, les animaux doivent être inconscients au bout de 45-60 secondes, et la mort doit survenir entre deux à quatre minutes. L’équipement de surveillance (comme un détecteur de CO avec alarme) doit être utilisé pendant le fonctionnement et la chambre doit être nettoyée à fond après chaque usage.

Le procédé de l’euthanasie par le CO

Des précautions doivent être prises pour s’assurer que les animaux soient manipulés et placés dans la cuve de la chambre à gaz de la manière la plus humaine possible. L’utilisation prudente de laisses, de perches ou d’équipement de contention doit être utilisé par du personnel qualifié (les perches avec un collet de doit jamais être utilisées pour les chats). Comme pour l’euthanasie par injection, il est recommandé d’administrer un sédatif aux animaux effrayés ou agressifs avant de les placer dans la chambre à gaz afin de s’assurer d’un traitement sans cruauté envers les animaux et aussi assurer la sécurité des employés. Les animaux ne doivent jamais être poussés, traînés, ou jetés dans la chambre à gaz ou placés dans des cages individuelles.

Les animaux ne doivent jamais être placés dans la chambre à gaz ensemble et la chambre à gaz ne doit jamais être encombrées. Les animaux devraient avoir assez de place pour s’asseoir ou se coucher. Un spécialiste en euthanasie doit être présent durant tout le processus en cas de panne d’équipement ou autre problème.

Le sifflement du gaz entrant dans la chambre à gaz peut causer la peur chez certains animaux, particulièrement les chats. Ils peuvent devenir agités ou agressifs. Parce que le gaz ne rend pas immédiatement les animaux inconscients, ils peuvent passer par une période de résistance et les chiens peuvent crier ou hurler et deviennent rigides. Avec tous ces détails, il faudrait que tous les refuges et fourrières qui utilisent les chambres à gaz optent pour la transition de l’euthanasie par injection dès que possible.

Les animaux doivent être laissés dans la chambre à gaz et exposés au gaz pour un minimum de trente minutes pour s’assurer qu’ils sont morts et le gaz doit être totalement évacué avant que les animaux ne soient enlevés. Il y a quatre signes qu’un technicien doit vérifier avant que les animaux ne soient enlevés : l’absence de la respiration, le manque de réflexe oculaire, l’absence de rythme cardiaque et la présence de rigidité cadavérique. Seul la rigidité cadavérique est un signe certain de la mortalité de l’animal. Dans certain cas, un animal peut semblé avoir cesser de respirer, être sans réflexes oculaires, ou sans battements cardiaques, mais est toujours en vie.

Pour des informations détaillées sur les méthodes d’euthanasie pour certaines variétés d’espèces animales, y compris la faune et pour obtenir des instructions spécifiques sur la vérification de la mortalité, se référer à la Humane Society des États-Unis
manuel de formation de l’euthanasie. De plus, la humane Society de L’Université offre des ateliers sur place et des options en ligne pour l’euthanasie ainsi que de la formation sur la compassion.

Risques pour la santé humaine causés par le CO et la sécurité du personnel :

Le personnel doit être informé des risques potentiels pour la santé liés à l’utilisation du monoxyde de carbone CO qui est une substance dangereuse, elle est très toxique, incolore, inodore et sans goût. Elle est la principale cause d’intoxication accidentelle aux Etats-Unis et l,exposition répétée au CO, même à faibles doses, peut entraîner de nombreuses conséquences à long terme, y compris (mais non limité) troubles de la mémoire, des difficultés respiratoires, faiblesses musculaires, irrégularité cardiaque, et des lésions cérébrales. L’exposition chez les femmes enceintes peut causer un poids insuffisant à la naissance de leur enfant. L’utilisation d’une chambre à gaz au CO devrait être surveillée de près, et respecter les normes de sécurité de la
Health Association (OSHA).

Bien que certaines personnes croient que l’utilisation du CO est plus sécuritaire ou moins stressant parce que le personnel n’a pas à interagir avec les animaux en envoyant les animaux à la chambre à gaz, le personnel doit quand même être capables de gérer et de maîtriser les animaux y compris ceux qui sont effrayés ou agressifs. Les techniques de manipulation sans cruauté et l’administration de médicaments recommandés dans ce cas seraient les mêmes techniques que ceux de l’euthanasie par injection. Dans ce cas, aucune excuse ne peut être invoquée pour continuer à utiliser la chambre.

Anestésiant, la drogue :

Comme mentionné ci-dessus, l’administration de médicaments pré-euthanasie peut parfois être nécessaire pour gérer en toute sécurité et sans cruauté les animaux effrayés ou agressifs. Le personnel ne doit pas compter que sur l’utilisation de ces médicaments mais doivent plutôt être compétents dans la manipulation sans cruauté et les techniques de contention et être qualifiés dans la connaissance des différentes sortes de médicaments spécifiques. Il existe une variété de médicaments qui sont couramment utilisés avant l’euthanasie. La plupart sont des substances contrôlées et doivent être garanties selon les normes de la conformité des lois fédérales et d’état.

La sédation, l’immobilisation et l’anesthésie sont souvent des termes utilisés différemment. Toutefois, il est impératif de comprendre les différences entre ces mots et les effets des drogues.

  • La contention : Un animal en général reste éveillé, mais il est calme. Détendu et peut s’endormir. L’animal ressent la douleur. Un animal tranquillisé peut-être imprévisible et peut avoir une réaction accrue à un stimulus suffisant, ce qui cause un danger potentiel pour le personnel. Acépronazine est un tranquillisant couramment utilisé pour les animaux.

 

  • Immobilisation : Un animal est paralysé et incapable de bouger. Le corps peut devenir rigide. Généralement les animaux sont insensibles à la vue et le son, mais ils peuvent ressentir une douleur profonde. La kétamine est un immobilisant commun utilisé chez les chats.

 

  • Sédation : Un animal tombe dans un pseudo sommeil et ses muscles détendus deviennent incoordonnés. Il y a une diminution de la capacité de ressentir la douleur (analgésie). Les animaux sous sédation, sont également imprévisibles et peuvent être réveillés lors d’une stimulation.La xylazine est un sédatif couramment utilisé avec les animaux de grandes tailles et de petites tailles.
  • Anesthésie : Un animal est inconscient, a une perte totale de la sensation de la douleur et il est immobilisé, mais les fonctions vitales restent normales. Des exemples d’agents anesthésiques sont Tilétamine=zolezepam (Telazol) ou un mélange de kétamine-xylazine. Ces deux combinaisons de médicaments constituent une bonne forme d’anesthésie, qui est la seule condition sous laquelle il est acceptable d’administrer une injection intracardiaque de Pentabarbital de sodium lorsque cela est nécessaire et en accord avec les normes des lois sur les drogues.

Pour plus de renseignements :

Une des responsabilités les plus critiques dans le soin des animaux et de contrôle est de donner la mort la plus humaine possible aux animaux de compagnie pour qui l’euthanasie est nécessaire. La HSUS recommande les méthodes d’euthanasie indolore, rapides, sans douleur afin de minimiser la crainte et l’appréhension chez les animaux.

La HSUS travaille à modifier les lois de l’État afin que les refuges locaux aient accès au Pentobarbital de sodium par l'acquisition directe de licences ( lois directe sur les licences pour l’euthanasie des animaux dans les refuges) Si vous souhaitez obtenir des informations sur la façon de contribuer à cet effort, communiquez avec la HSUS Services des programmes de logement 202-452-1100 ou via e-mail.


Pour une comparaison des coûts voir le Monoxyde de carbone et Pentobarbital de sodium. Coût Worksheets Analysis. Pour voir l’enquête de mai 2004 du monoxyde de carbone CO les risques liés à l’utilisation du CO pour l’euthanasie par l’Institut Nationale de la Sécurité et la Santé et les Centres pour le Contrôle des Maladies et de Prévention visitez: http://www.cdc.gov/niosh/hhe/reports/pdfs/2004-0123-2939.pdf

Lire aussi le rapport sur les recommandations de l'Institut national de la santé faite en 2009
http://www.cdc.gov/niosh/mining/pubs/pdfs/2009-148.pdf
On mentionne que les installations dans les fourrières devraient être inspectées régulièrement, or nous savons que ce n'est pas le cas au Québec.

Pour plus d’informations sur les méthodes d’euthanasie et les substances contrôlées, voir nos cartes sur les lois de l’État concernant
les besoins de formation, l'accès à la pré-euthanasie et des drogues d’euthanasie. Ainsi que sur l’euthanasie au monoxyde de carbone.

Pour des questions contactez Avis des services des Experts
asi@hsus.org

Les informations contenues dans cette déclaration remplacent toutes les précédentes recommandations concernant les normes de la HUSUS pour les méthodes d’euthanasie. Mise à jour le 3/31/09

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